« Berger des abeilles »

Guillaume Piquet

« J’ai mis du temps, trente ans à savoir ce que je voulais faire dans la vie. Aujourd’hui j’ai le sentiment d’exercer le plus beau métier du monde ! » Proche de la nature et de l’humain, toujours à la recherche de la perfection et du dépassement de soi, l’idée m’est venue de créer un concept autour des abeilles à la suite d’une expérience professionnelle. Titulaire d’une licence LEA à l’université de Nantes en 2009, passionné d’athlétisme (31’40 au 10 km, 1h12 au semi, 2h38 au marathon), j’ai travaillé dans un magasin spécialisé dans le running (Endurance Shop de 2010 à 2016) dans lequel j’ai découvert ma première affection pour les abeilles. Le magasin commercialise des produits diététiques à base de miel pour le coureur. Lors d’une formation, le commercial, Vincent, sentit mon enthousiasme et mon intérêt pour les abeilles et proposa de m’offrir une de ses ruches ! Le début d’une grande aventure commençait … Créée en 2015, « la Ruche Piquet » s’est spécialisée dans l’installation de ruches sur les toits et jardins d’entreprises. Au travers d’animations pédagogiques, « la Ruche Piquet » sensibilise sur le rôle des abeilles avec notre environnement. Une cinquantaine de ruches sont réparties sur une quinzaine de communes de Loire-Atlantique.

« Pas d’habitudes mais beaucoup d’incertitudes »

Un métier traditionnel en péril

Aujourd’hui de moins en moins d’apiculteurs vivent de leur passion. Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas. Les statistiques le démontrent avec des écarts de production nationale de miel de près de 40 % d’une année sur l’autre. Suite aux pertes colossales de colonies d’abeilles (30% par an), de nombreux apiculteurs décident de jeter l’éponge. Ces difficultés ont amené les apiculteurs à se spécialiser dans d’autres domaines de l’apiculture.
Certains produisent de la gelée royale, du pollen ou encore de la propolis. D’autres pratiquent l’élevage et commercialisent des essaims, des cellules royales et des reines.

Au rythme de ses abeilles

Le travail de l’apiculteur

L’apiculteur n’a pas de routine, il vit les saisons au rythme de l’activité de son cheptel apiaire.
Dans notre région, le pic d’activité se situe entre mi-avril et mi juillet. Une période déterminante pour la production de miel où l’apiculteur pose ses hausses (étages servant à récolter le miel). En dehors de ces quatre mois intensifs, l’apiculteur travaille sur un rythme moins soutenu même s’il doit constamment surveiller les conditions climatiques qui influencent le développement de ses abeilles. Il prépare l’hivernage de ses colonies jusqu’à la fin de l’été en effectuant différents travaux : nourrissement, équilibrabre, changement de reines, lutte contre le frelon asiatique…

Les abeilles nécessitent également un suivi sanitaire très rigoureux à chacune des visites. En effet, elles souffrent de nombreuses pathologies dont une des principales concerne LE VARROA : un parasite asiatique de la taille d’un poux signalé en France en 1983. Avec les pesticides, il constitue la première cause de mortalité des abeilles. Le varroa s’accroche au thorax de son hôte, perce sa cuticule et se nourrit de son hémolymphe. Il affaiblit considérablement son système immunitaire et peut transmettre des virus très graves. L’apiculteur est obligé d’effectuer un traitement sanitaire pour limiter son expansion car il est aujourd’hui impossible d’éradiquer le varroa malgré de nombreuses recherches. L’hiver est la seule période où les abeilles ne sont pas visitées. L’apiculteur en profite pour réhabiliter son matériel, sa miellerie, préparer de nouvelles ruches, ruchettes, nucléi, fondre la cire, suivre des formations théoriques…


Récupération d’un essaim d’abeilles


Questionnaire sur les abeilles